Le chien est notre compagnon, depuis toujours. Cela fait 12 000 ans qu’il vit à nos cotés et il s’en est passé des choses en 12000 ans ! L’homme a réussi par croisements successifs à « bricoler » le chien comme jamais aucune autre race n’a, à mon sens été bricolée. On a 465 races de chien reconnues en France, cela veut dire que notre chien initial a pris des gabarits bien différents et des morphologies différentes. On a fait le grand écart avec les poids, le chiouaoua fait entre 1.5 et 3Kg et le saint bernard fait plus de 100 Kg pour un mâle.

Pourtant malgré toutes ces réussites sur le plan physique, un élément majeur manque dans notre bien être avec le chien : l’éducation et le dressage.Bref la communication avec l’animal.On a poussé la séléction des reproducteurs à son paroxisme (du moins officielement pour les chiens de race) et on a mis de coté le plus important, ce pour quoi on a pris un animal, communiquer….

Notre société de consommation a créé un besoin fondamental de posséder un chien mais pas comme animal de compagnie, mais comme faire valoir. Ecoutez pour vous en convaincre les nouveaux propriétaires de chien. Ils s’extasient sur la beauté de leur chien, sur le prix qu’il a couté, sur la nourriture de haute qualité qu’il mange, mais la communication dans tout ça ? « On a surtout pris le chien pour les enfants, ça fera un compagnon de jeu ».Ils s’imaginent que jouer avec son chien est réservé aux enfants ou alors très exceptionnellement quand on a un peu de temps.

Le problème fondamental c’est que l’humain, lorsqu’il parle au chien, le considère comme un humain et non comme un chien. Le chien a un mode de communication largement différent de celui de l’humain. Le chien fonctionne à l’action réaction, il vit essentiellement dans le présent alors que l’homme se projette constamment dans le futur et n’arrête pas des de faire des allers-retours entre futur et présent. Le résultat est que sans en être conscient l’on envoie un message brouillé au chien.

Prenons un exemple : M. Dupont achète un chiot Saint-Bernard. Il le trouve très mignon, trop craquants dans ses actions. Parlons-en de ses actions. Le chiot veut absolument atteindre le visage de ses maîtres, ceci pour une bonne raison. Il veut atteindre la commissure des lèvres de ses maîtres afin de provoquer un réflexe de régurgitation de nourriture chez ceux-ci. Ce phénomène est un héritage direct des loups. Pour ce faire, il va « escalader » les jambes de son maître tout le temps, dès qu’il le verra. Le maître satisfait de cette « bonne action » va caresser le chien à chaque fois que celui-ci voudra escalader ces jambes.

Du point de vue du chien : chaque fois que je grimpe sur mon maître, je suis récompensé par une caresse. Dans la théorie de l’action réaction, le chien est appelé à réitérer le comportement puisque celui-ci récompensé. Il va donc refaire cette action chaque fois qu’il verra son maître.

Le seul souci dans ce tableau idyllique c’est que ce joli Saint-Bernard va atteindre le poids de 100 kg adulte. Lorsque le chiot aura grandi la musique ne sera plus tout à fait la même. Le chien ne comprendra pas qu’on le dispute pour avoir fait une action qui était tout le temps récompensée.

Dans l’éducation du chien, on apprendra au chiot à arriver devant son maître et à s’asseoir. Celui-ci ne sera caressé que lorsqu’il sera assis. De cette manière, le chien cherchera toujours à s’asseoir pour obtenir une caresse et le problème sera réglé. Chaque fois qu’il sera dans une position autre que le assis, autrement dit chaque fois que le chien bougera, sautera autour de son maître, fera le pitre, il ne sera pas récompensé. Au contraire chaque fois qu’il se mettra assis il aura plusieurs caresses. Que croyez-vous que le chien fera rapidement ? Voici l’exemple type d’un bénéfice d’une bonne éducation.

 

Mais, qu’entendons-nous par bonne éducation ? Un chien éduqué maîtrise parfaitement trois choses.

Premièrement : lors des promenades, le chien ne tire pas sur sa laisse. Il est tout le temps attentif où se trouve son maître. De ce fait, sa laisse n’est jamais en tension.

Deuxièmement : lorsque le chien est détaché et qu’il vaque à ses occupations, s’il m’arrive de le rappeler par son nom et de lui dire « aux pieds », celui-ci revient immédiatement s’asseoir à mes pieds et il attend que je le libère.

Troisièmement : lors ce que je dis « couché » à mon chien, celui-ci se couche immédiatement et reste couché jusqu’à ce que je lui dise autre chose, que ce soit dans une minute ou dans deux heures, quelles que soient les distractions qui existent autour de lui.

 

Voici ce que j’appelle l’éducation, ce « kit de survie » nécessaire à la vie paisible du chien en communauté. Ce kit de survie est intégré à tous les chiens quel que soit leur race, leur origine, leur passé, leur âge. Si vous possédez ce kit de survie, la vie sera un long fleuve tranquille car votre chien sera constamment sous contrôle. Le défaut de maîtrise d’un des trois. Précédent va au mieux vous rendre la vie inconfortable au pire vous rendre la vie parfaitement désagréable.

Un chien non éduqué va tout se permettre avec vous. C’est une porte grande ouverte vers de gros ennuis.

Un chien non éduqué tire en laisse, vous donnant de bonnes douleurs à l’épaule et au dos. Lorsqu’il voit un autre chien, il se permet de lui aboyer après, vous entraînant inexorablement vers lui. Lorsque vous croisez des gens, votre chien leur saute dessus, amicalement ou non, vous laissant complètement dans l’embarras. Un chien non éduqué, s’il est lâché, ne revient pas lorsque vous l’appelez, préférere aller rencontrer un autre chien qu’il vient de voir, voulant au mieux jouer, au pire se battre avec lui. S’il rencontre des vaches des poules ou autres animaux, il ira immédiatement les poursuivre, éventuellement les tuer. À la maison, ce chien volera tout ce qui lui est possible de voler, en fait tout ce qui vous appartient. Il ira se réfugier dans son panier et vous mettra au défi de récupérer les objets. Lorsque vous vous approcherez il vous montrera que sa gueule contient 42 belles dents et qu’il est prêt à s’en servir.

En réalité, un chien non éduqué se comporte comme un despote et considère que vous êtes à son service. C’est vous qui vivrez chez votre chien et non l’inverse. En contrepartie de cette « faveur », vous serez au service du chien jour et nuit, vous occuperez de lui pour lui ouvrir les portes lorsqu’il le désirera, préparerer sa nourriture, le caresser lorsqu’il le voudra, jouer avec lui lorsqu’il le voudra, etc…

Cette situation que je viens de vous décrire n’arrivera pas du jour au lendemain. Du jour où le chiot arrive dans votre famille, aux alentours de huit semaines en général, celui-ci n’aura de cesse que de vous tester constamment afin de voir si vous êtes capable d’être son chef. C’est pour ça que la prise du pouvoir du chien se passe toujours en douceur. Au moment où le maître se réveille, le couronnement du chien est déjà bien engagé.

 

La bonne nouvelle dans cette affaire, est que la situation est réversible à tout moment.

La mauvaise nouvelle dans cette affaire, est que la situation est réversible à tout moment.

 

Autrement dit, j’ai la prétention de dire qu’un chien qui a dérivé est capable de revenir dans le droit chemin quel que soit son âge, sa race, son passé, sa condition. Il n’est jamais trop tard pour éduquer un chien.

Par contre, prenez un chien très obéissant, laissez le faire tout ce qu’il désire, donnez-lui tout ce qu’il veut, et je vous garantis qu’en trois mois ce chien sera devenu un véritable despote.

 

Pour conclure, je vais vous demander de toujours garder à l’esprit que :

Si vous appliquez le principe de la négociation zéro, votre vie avec votre animal sera pas long fleuve tranquille. À l’inverse, si vous prenez l’habitude de négocier avec votre chien, attendez-vous à ce que celui-ci le fasse de manière systématique et sachez qui les meilleurs négociateurs que vous.

 À bon entendeur…